Une prise de parole qui dépasse la simple présence événementielle
Le Sommet de la Mesure d’Impact (SMI) s’impose aujourd’hui comme un espace stratégique où se redessinent les contours de l’économie et du travail. Dans ce cadre, la participation de THACT ne relève pas d’une simple logique de visibilité. Elle s’inscrit dans une démarche plus profonde : porter dans le débat public une réalité encore insuffisamment reconnue, celle de la polyactivité.
À travers l’intervention de Teddy Travert, co-fondateur de THACT, c’est toute une transformation silencieuse du travail qui a été mise en lumière. Une transformation déjà largement à l’œuvre, mais encore peu intégrée dans les cadres juridiques et institutionnels.
Une réalité massive, encore invisible dans le cadre légal
Aujourd’hui, la polyactivité concerne une part croissante de la population active. Derrière ce terme, une réalité simple : exercer plusieurs activités professionnelles, simultanément ou successivement, au cours d’une même période.
Ce phénomène traverse l’ensemble du marché du travail. Il ne s’agit plus d’une marginalité, mais d’une évolution structurelle des parcours professionnels. Des millions d’actifs sont déjà concernés, sans pour autant exister juridiquement.
Ce décalage entre la pratique et le droit crée une forme de zone grise. Les individus naviguent entre différents statuts, régimes et obligations, souvent sans cadre cohérent. Cela engendre des parcours fragilisés, alors même que cette pluralité d’activités constitue, dans bien des cas, une réponse intelligente aux mutations économiques.
Table ronde « Insertion économique : les chiffres contre les clichés » animé par Guy Lagache, avec Teddy TRAVERT, Thierry Marx, Amir Reza-Tofighi, Saïd Hammouche, Hippolyte d’Albis et El Mouhoub Mouhoud.
La polyactivité, reflet d’un nouveau rapport au travail
Réduire la polyactivité à un simple cumul d’activités serait une erreur. Elle traduit en réalité une évolution beaucoup plus profonde des attentes professionnelles.
Les actifs ne cherchent plus uniquement un emploi stable au sens traditionnel. Ils aspirent à davantage de souplesse, à la possibilité d’explorer plusieurs compétences, mais aussi à mieux équilibrer leurs sources de revenus et leurs engagements.
Dans ce contexte, la polyactivité devient une réponse à plusieurs enjeux contemporains :
diversifier ses compétences et sécuriser son parcours
répondre à une quête de sens et d’autonomie
s’adapter à un environnement économique incertain
Cette dynamique s’inscrit également dans un contexte de tensions de recrutement et de transformation du rapport au travail, comme le souligne les travaux de l’Observatoire du Slashing.
THACT : porter les transformations du travail dans les lieux d’influence
La présence de THACT au Sommet de la Mesure d’Impact s’inscrit dans une logique d’engagement en tant qu’Entreprise à Mission, mais pas uniquement. En tant qu’acteur du management de transition, nous observons depuis plusieurs années l’évolution des trajectoires professionnelles.
Cette proximité avec le terrain nous permet d’identifier des signaux faibles devenus aujourd’hui des tendances lourdes. La polyactivité en fait partie.
En intervenant dans un événement structurant comme le SMI, THACT ne se contente pas d’analyser ces mutations. Il contribue activement à leur reconnaissance et à leur structuration, en les inscrivant dans des espaces où se construisent les référentiels de demain.
Table ronde « Insertion économique : les chiffres contre les clichés » animé par Guy Lagache, avec Teddy TRAVERT, Thierry Marx, Amir Reza-Tofighi, Saïd Hammouche, Hippolyte d’Albis et El Mouhoub Mouhoud.
L’Alliance pour une Polyactivité Choisie : structurer une réponse collective
L’un des temps forts de cette prise de parole concerne la mise en avant de l’Alliance pour une Polyactivité Choisie (APC). Cette initiative, portée au sein de l’Observatoire du Slashing, vise à structurer un mouvement capable d’influencer les politiques publiques.
L’enjeu est clair : faire évoluer un cadre aujourd’hui inadapté aux réalités du travail.
Plutôt qu’une approche descendante, l’Alliance repose sur une logique collective. Elle rassemble des acteurs issus d’horizons variés, entrepreneurs, experts, chercheurs, représentants d’organisations, pour construire des solutions concrètes.
Ses objectifs s’articulent autour de trois axes structurants :
faire reconnaître juridiquement la polyactivité
sécuriser les parcours professionnels hybrides
simplifier les démarches administratives
Ces priorités traduisent une volonté forte : passer de l’observation à l’action.
Pourquoi le Sommet de la Mesure d’Impact est un moment clé
Le choix du SMI pour porter ce sujet est particulièrement stratégique. Cet événement constitue un point de convergence entre acteurs économiques, institutionnels et engagés dans la transformation sociale. Dans ce contexte, la polyactivité trouve naturellement sa place. Elle interroge à la fois les modèles d’emploi, les mécanismes de protection sociale et la capacité des organisations à s’adapter. Prendre la parole dans ce cadre permet d’opérer un double mouvement. D’un côté, il s’agit de légitimer le sujet. De l’autre, d’accélérer sa mise à l’agenda politique.
Polyactivité et impact : un levier encore sous-estimé
L’un des apports majeurs de cette intervention réside dans la mise en perspective entre polyactivité et impact.
Car derrière les trajectoires multiples se dessinent des enjeux fondamentaux pour la société.
La polyactivité peut, en effet, contribuer à renforcer la résilience des individus, mais aussi à transformer les dynamiques territoriales et organisationnelles.
Elle permet notamment d’ouvrir des perspectives nouvelles en matière :
d’inclusion professionnelle, en facilitant l’accès à l’activité pour des profils variés
de sécurisation des parcours, en diversifiant les sources de revenus
d’attractivité des entreprises et des territoires, en proposant des modèles plus flexibles
Ces dimensions en font un véritable levier d’impact, encore largement sous-exploité.
Les freins persistants à dépasser sur la polyactivité
Si la polyactivité progresse, elle reste freinée par un ensemble de blocages bien identifiés.
L’absence de reconnaissance juridique constitue le principal obstacle. Elle s’accompagne d’une complexité administrative importante, liée à la coexistence de plusieurs statuts et régimes.
À cela s’ajoutent des freins culturels. Le modèle dominant du travail reste encore largement fondé sur l’idée d’un emploi unique, stable et linéaire. Cette représentation entre en contradiction avec les pratiques actuelles.
L’Observatoire du Slashing démontre également l’existence de freins organisationnels et réglementaires qui limitent le développement de ces formes d’activité.
Vers une évolution du cadre légal
L’un des enjeux majeurs portés par THACT et l’Alliance pour une Polyactivité Choisie concerne l’adaptation du cadre juridique.
L’objectif n’est pas de créer une complexité supplémentaire, mais au contraire de simplifier et de sécuriser. Cela passe notamment par la reconnaissance d’un statut, la clarification des droits et l’harmonisation des dispositifs existants.
Cette évolution est indispensable pour aligner les politiques publiques avec les réalités du terrain.
Un changement de paradigme pour les entreprises
La reconnaissance de la polyactivité implique également une transformation du côté des organisations.
Les entreprises sont progressivement amenées à repenser leur rapport au travail et aux compétences. Les parcours linéaires laissent place à des trajectoires plus hybrides, qui nécessitent de nouvelles approches en matière de gestion des talents.
Cela suppose d’accepter une certaine porosité des rôles, mais aussi de valoriser des profils capables d’évoluer dans plusieurs univers.
THACT, acteur d’une transformation en cours
En portant ce sujet au Sommet de la Mesure d’Impact, THACT confirme son positionnement : celui d’un acteur engagé dans la transformation du travail.
Son rôle ne se limite pas à accompagner les organisations. Il consiste également à faire émerger de nouveaux cadres de pensée, à structurer des dynamiques collectives et à influencer les évolutions nécessaires.
Cette capacité à articuler terrain, réflexion et action constitue un levier puissant pour faire avancer le débat.
Conclusion : faire entrer la polyactivité dans le réel politique
La polyactivité est déjà une réalité pour des millions d’actifs. Le véritable enjeu n’est donc plus de la constater, mais de la reconnaître pleinement.
La participation de THACT au Sommet de la Mesure d’Impact marque une étape importante dans cette direction. Elle contribue à faire passer le sujet d’une pratique diffuse à un enjeu structurant du débat public.
Reconnaître la polyactivité, c’est accepter que le travail change. C’est aussi se donner les moyens d’accompagner cette transformation de manière juste, sécurisée et durable.